GuideMis à jour le 16 octobre 2026

Le coefficient de marée, ce qu'il dit et ce qu'il ne dit pas

« Coef 95 ce week-end. » Dans n'importe quel parking de spot, la phrase suffit à lancer la discussion. Le coefficient est le chiffre de marée que tout le monde cite, et celui qu'on lit le plus souvent de travers.

Il dit une chose : la force de la marée ce jour-là, pour toute la côte. Le reste, il faut le chercher ailleurs.

Ce que mesure le coefficient

Le coefficient compare la marée du jour à une marée de référence. Il est défini à Brest et vaut pour toute la côte Manche et Atlantique, où la marée grossit et faiblit au même rythme d'un bout à l'autre.

L'échelle va de 20 à 120 :

Un coefficient est publié pour chaque pleine mer, donc deux par jour. Il monte et descend sur un cycle d'un peu moins de quinze jours : les grandes marées arrivent un jour et demi à deux jours après la nouvelle et la pleine lune, les mortes-eaux une semaine plus tard. D'après nos calculs, il atteint 100 une vingtaine de jours par an, et les plus forts tombent autour des équinoxes, en fin d'hiver et en fin d'été.

Ce qu'il ne dit pas : l'eau qui bouge chez toi

Le coefficient est le même sur toute la côte. Le marnage, l'écart entre la pleine et la basse mer, ne l'est pas du tout. À coefficient égal, la mer bouge presque deux fois plus à Saint-Malo qu'à Brest, et un peu plus de la moitié à Bayonne.

Marnage médian calculé avec les constantes de l'app sur une année de marées, arrondi au demi-mètre :

Port Coef 45 Coef 70 Coef 100
Saint-Malo 5 m 8 m 11 m
Brest 3 m 4,5 m 6,5 m
Les Sables-d'Olonne 2 m 3,5 m 4,5 m
Bayonne 1,5 m 2,5 m 4 m

Le coefficient te dit si c'est une grosse marée. Pour savoir combien d'eau passe sur ton banc, il faut la marée du port, et c'est elle que l'app suit pour chaque spot.

Ni l'heure

Le coefficient ne dit rien de l'heure de la marée. Elle dépend du port, et elle glisse d'environ cinquante minutes par jour.

Il y a pourtant un lien entre les deux, et il sert. Sur un même port, les grandes marées tombent toujours à peu près à la même heure. D'après nos calculs sur un an, à Brest comme sur la côte basque, la pleine mer des coefficients de 95 et plus arrive entre 4 h et 8 h le matin, et entre 16 h et 20 h le soir. La basse mer tombe donc autour de midi et de minuit. En mortes-eaux, c'est l'inverse : pleine mer vers midi, basse mer tôt le matin et en fin d'après-midi.

Si ton spot marche à marée basse et que tu surfes avant le travail, ce sont les mortes-eaux qui te le donnent. Les basses mers de grande marée, elles, tombent à l'heure du déjeuner.

Ce que ça change pour une session

La fenêtre raccourcit. La mer ne monte pas à vitesse constante. En gros, elle monte d'un douzième de son marnage la première heure, de deux douzièmes la deuxième, de trois la troisième et la quatrième, puis de deux et d'un. C'est la règle des douzièmes : la moitié du marnage passe dans les deux heures du milieu. Avec 4 m de marnage à Bayonne, ça fait deux mètres d'eau en deux heures. Un spot qui aime une hauteur d'eau précise la traverse vite en grande marée, et prend son temps en mortes-eaux.

Le courant forcit, surtout à mi-marée, autour des passes, des jetées et des embouchures. Au-dessus de 100, l'app te prévient : « Coef 104 : gros marnage, courants forts autour des passes et des jetées. »

Le spot lui-même change d'un jour à l'autre. Une basse mer de vives-eaux découvre des bancs qui restent sous l'eau en mortes-eaux, et une pleine mer à coef 110 peut noyer un spot qui marche à mi-marée le reste du mois.

En Méditerranée et hors de France

Le coefficient est une échelle française, calculée à Brest pour la Manche et l'Atlantique. En Méditerranée, la marée ne fait que quelques dizaines de centimètres, et l'app te l'écrit : « Marée faible ici (environ 0,3 m) : c'est le vent et la houle qui comptent. » Hors de France, elle ne parle pas de coefficient mais de vives-eaux et de mortes-eaux, avec le marnage du jour en mètres.

Ce que fait Sendoa

L'app calcule elle-même le coefficient, à partir de ses constantes de Brest, calées sur les coefficients publiés par le Shom. Mais elle ne te demande pas de faire le calcul : pour chaque spot, la marée est croisée avec la houle et le vent, et tu as le créneau et les raisons en une phrase.

Notre écart de marée, port par port, contre des relevés réels, est dans le tableau.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le coefficient de marée ? Un chiffre de 20 à 120 qui mesure la force de la marée, défini à Brest pour toute la côte Manche et Atlantique. 70 est une marée moyenne, 100 une grande marée d'équinoxe moyenne.

À partir de quel coefficient parle-t-on de grande marée ? On parle de vives-eaux au-dessus de 70. Les grandes marées, à 100 et plus, reviennent une vingtaine de jours par an.

Un gros coefficient donne-t-il de plus grosses vagues ? Non. Le coefficient parle de la marée, pas de la houle. Il change la hauteur d'eau sur le banc et la force du courant, donc la façon dont la vague casse, pas sa taille au large.

Pourquoi le même coefficient donne-t-il des marées différentes ? Parce qu'il mesure la force de la marée ce jour-là, et que chaque port la traduit à sa façon. À coefficient égal, Saint-Malo bouge presque deux fois plus que Brest, Bayonne un peu plus de la moitié.

Calcul Sendoa. Ce n'est la prédiction officielle d'aucun service hydrographique (Shom, NOAA, UKHO, Bureau of Meteorology, SANHO, Puertos del Estado). Ne pas utiliser pour la navigation.

À lire aussi